Aminata Touré : « La bonne gestion des deniers publics est la première réponse à la demande sociale »

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L’ouverture d’une information judiciaire sur les dossiers de l’enrichissement illicite, les dossiers pendants devant la justice, en l’occurrence, celui de Serigne Béthio Thioune, de Nuc Nicolaï, de Ndiaga Diouf … Le projet de réforme de la justice sont entre autres sujets évoqués par la ministre de la Justice Garde des Sceaux Aminata Touré sur les ondes de la Rfm. Car se convainc-t-elle, « une bonne gestion des deniers publics est la première réponse à la demande sociale »

« L’ouverture de l’information judiciaire sur les audits est une promesse de campagne qu’il faut tenir. Et si les Sénégalais ont changé d’équipe, c’est pour mettre fin à la corruption, à l’enrichissement illicite, et à l’impunité. Tenir une telle promesse est une première réponse à la demande sociale. Il n’a rien de policier, encore moins d’une chasse à la sorcière », explique-t-elle, avant de rappeler que « prendre le bien d’autrui est condamné par toutes les religions et par la morale ». Selon elle, il n’y a rien de nouveau, ce sont les procédures qui ont changé.

C’est pourquoi, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux refuse d’admettre qu’il y a un cas Karim Wade. « Dans le cadre d’une bonne gouvernance politique et économique, tout responsable ayant géré de fonds publics doit s’attendre à une reddition des comptes, c’est ce que le gouvernement a engagé. A ce sujet, Karim Wade avait une responsabilité démesurée, énorme. L’amplitude de ses responsabilités fait qu’il avait beaucoup d’argent entre ses mains et qui le mettait au devant de la scène », tente d’éclaircir la lanterne de l’opinion sénégalaise.

A cet effet, soutient-elle, « dire que le procureur spécial de la Cour de répression d’enrichissement illicite Aliou Ndao d’être à la solde de sa tutelle, c’est bafouiller son honorabilité. Les Sénégalais doivent comprendre que la justice mesurée et transparente est possible ».

Elle botte en touche le vice de procédure que les libéraux avancent comme argument. « Pour le moment, il y a une ouverture d’informations judiciaires sur le détournement des deniers publics. Le procureur de la république est compétent pour cela. La convocation par le procureur spécial de la Cour de répression contre l’enrichissement illicite est une autre démarche pour tous ceux qui sont en relation avec l’argent public. C’est dans ce cadre que beaucoup de pays sont prêts aider le Sénégal pour une lutte efficace contre la corruption. C’est un mouvement international », précise-t-elle.

Ainsi, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Aminata Touré reste peu bavarde à propos des dossiers déjà pendants devant la justice. Tout comme sur le cas spécial de l’ancien président de la république Me Abdoulaye Wade. « La convocation de Me Abdoulaye Wade dépend du procureur spécial. Dans cette affaire, d’ailleurs, nous préférons laisser la justice faire son travail. Tout juste, c’est pour rappeler que l’immunité ne s’arrête qu’à lui seul et non aux membres de sa famille et ses anciens ministres », soutient-elle avant de préciser qu’il n’y a pas de « gêne en ce qui concerne le Jet privé que Karim Wade révélait que d’anciens ministres et de premier ministre et président de l’Assemblée nationale, à l’image de Macky Sall se déplaçaient avec ».

« Je ne m’avance pas sur ce dossier car l’enquête se poursuit. Mais elle n’est pas classée. Il faut que les gens comprennent que nous sommes en phase d’informations judiciaires. C’est pourquoi des enquêtes sont engagées.

« Il n’ y a plus de retour en arrière », avertit-elle avant d’inviter les Sénégalais, surtout ceux qui gèrent des fonds publics de s’habituer à cet exercice de rendre compte. Car, « passer de pauvre à crésus n’est plus possible. Cela est valable pour l’ancien régime que pour le nouveau régime. Nous refusons de battre nos cartes au cours du jeu. Cette démarche va être un bond en avant pour notre démocratie », martèle-t-elle.

C’est pourquoi, elle répond sèchement aux libéraux qui prétendent être victimes d’un harcèlement : « Pourquoi pas vous ? D’autant plus que certains d’entre vous ont géré des portefeuilles tellement volumineux qu’il faut nécessairement rendre compte. D’ailleurs, moi, je n’ai fait que transmettre les dossiers que j’ai trouvés sur place. Ce sont leurs dossiers. Les audits sont un processus normal de la bonne gouvernance », avant de les renvoyer à la lecture, de loi.

Elle promet la réactivation de la Haute Cour de Justice pour montrer un bon indice de la détermination du nouveau régime. « Car, souligne-t-elle, cette absence de justice, semble être la porte ouverte à tous ces problèmes que l’Afrique est actuellement confrontée ».

Dans la même lancée, elle fait savoir que la réforme de la justice a pour objectif de rapprocher le justiciable à la justice. L’idée c’est déconnecter les tribunaux départementaux de grande instance en les rapprochant des populations, réduire le délai de contentieux en matière des contentieux économique, social, à travers l’informatisation judiciaire. Selon elle, le projet est finalisé et il peut être fonctionnel au premier trimestre de 2013.

Abordant le dossier de Cheikh B Thioune, elle se résigne à faire des commentaires. « Je ne peux pas faire de commentaires, car l’affaire est en cours mais l’ensemble des soins médicaux est respecté », se contente-t-elle de dire avant d’ajouter que « l’exercice d’une justice indépendante a ses contraintes et ses avantages mais l’immixtion des politiques, de la hiérarchie est terminée ».

Pour l’Affairer de Luc Nicolaï, elle informe que la Cour suprême conduit une mission et a jugé de faire mieux. C’est pourquoi elle a décidé de transférer le dossier à Dakar.

Dans le même registre, elle rassure que le dossier de Ndiaga Diouf n’est pas au point mort. « Faisons confiance aux juges jusqu’à ce que la vérité éclate », invite-t-elle.

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Aminata Touré révèle que le Sénégal a introduit une demande de grâce pour le dernier sénégalais condamné à mort auprès des autorités gambiennes, condition sine qua non de reprise des discussions être les deux pays condamnés à vivre ensemble. « Une demande de grâce que la Gambie a acceptée en atteste la reprise des discussions », révèle-t-elle.

Elle a, en outre, révélé que le décret d’annulation de fonds communs des magistrats est signé et l’affaire dépassée. « Il s’agi maintenant d’ouvrir le dialogue pour l’amélioration des conditions de travail des magistrats. Le comité de dialogue social interne va revoir tout cela », conclut-elle.
Ferloo

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