ThieyDakar

DE L’IMPORTANCE D’UN ACCOMPAGNEMENT INSTITUTIONNEL DE LA COOPERATION DECENTRALISEE

Au vu des importantes réformes initiées par l’Etat du Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de l’Acte III de la Décentralisation, tous les partenariats de coopération décentralisée en avaient subi les conséquences, dont les plus désolantes avaient été la rupture de la plupart des partenariats, avec le retrait pur et simple de la plupart des régions francophones engagées aux côtés de leurs ex homologues sénégalais, tandis que d’autres sont restées pour conduire jusqu’à son terme les projets déjà initiés.Nombre de ces partenaires envisagent de se retirer une fois ces projets réalisés tandis que d’autres sont prêtes à rester, à condition que les territoires sur lesquels elles intervenaient et qui ont été depuis scindés en départements, garde leur unicité, par des ententes interdépartementales ou autres processus semblables.

Les collectivités locales qui ont des partenariats ou qui en cherchent  au vu de l’impact certain de leurs interventions sur leurs territoires respectifs ont besoin d’être soutenues techniquement et accompagnées au plan administratif et logistique, afin de pouvoir atteindre leurs objectifs dans ce domaine.

Pour d’autres, les procédures longues et compliquées pour l’obtention de financements de la part de bailleurs de fonds internationaux constituent un frein à la mobilisation de ressources pour valoriser leurs terroirs. Souvent en effet, la signature d’une convention de financement par exemple avec un bailleur de fonds international nécessite un engagement de l’Etat du Sénégal, à travers le Ministère des Finances, détenteur de la signature financière de notre pays. Et il est particulièrement fastidieux de conduire les démarches requises entre toutes les autorités intervenant sur des dossiers de ce type, en vertu des contraintes de temps aussi qui s’imposent aux collectivités locales sénégalaises.

Gageons qu’avec les réformes qui vont entrer en vigueur en janvier 2017 avec l’application de la directive de l’UEMOA par l’adoption de la GAR et la Gestion de budgets-programmes, cela facilitera la mobilisation des ressources financières par une simplification des procédures administratives, dans le cadre de la signature des conventions de financements internationaux.

Pour autant, tant que les départements ministériels disputeront aux collectivités locales leur place de maitre d’ouvrage dans le portage institutionnel de certains projets de développement déployés sur leurs terroirs quitte à les bloquer purement et simplement, notre pays ne décollera pas.

Pourtant, par une lettre du 12 février 2015 intitulée coopération entre les collectivités locales, le ministre de tutelle de l’époque invitait « particulièrement les Présidents de Conseil départemental à se rapprocher les uns des autres, pour former des ententes », auquel cas ils bénéficieraient de « l’accompagnement aux plans technique et financier » promis par ce dernier.

Cela n’a manifestement pas été compris par ses autres collègues du gouvernement, qui cherchent pour certains à ôter le pain de la bouche des collectivités locales, dont ils ne veulent même pas comme co-maitre d’ouvrage dans des projets dont leurs localités sont pourtant bénéficiaires et dont elles doivent assurer la pérennisation, à leur fin !

En confiant aux Conseils départementaux la mission d’impulser et de porter institutionnellement toutes les initiatives pertinentes pour lancer le développement économique et social de leurs territoires respectifs, il urge donc d’harmoniser les positions des départements ministériels intervenant dans les domaines de compétences des collectivités locales avec elles, et de  mettre en place une synergie d’action concertée auprès des bailleurs de fonds, pour concrétiser les opportunités de la plus haute importance pour l’émergence des territoires, au vu de l’impact  des projets de développement pour l’amélioration des conditions de vie de nos populations.

La mise en place d’une structure dédiée  à l’accompagnement des collectivités locales dans la Coopération décentralisée permettrait donc aux acteurs locaux d’avoir un interlocuteur consacré qui leur serait d’un grand apport et jouerait par là aussi le rôle d’une sorte de guichet unique pour la Coopération décentralisée.

Cela pourrait aussi faciliter la tâche à nos partenaires étrangers qui la plupart du temps n’ont d’autres interlocuteurs dans notre pays que leurs autorités consulaires, et frappent directement aux portes des Ministres de la République quand ils ont besoin d’informations complémentaires ou d’être confortés sur des points qui leurs semblent importants, avant de confirmer certains de leurs engagements auprès de leurs partenaires nationaux.

Encore une fois, le Sénégal ne peut pas se passer de la coopération décentralisée. Surtout qu’il est porteur d’une initiative de collaboration à l’échelle africaine des collectivités locales.

En plus, les retombées financières et hautement stratégiques de la coopération décentralisée sont devenues vitales, pour l’émergence de nos terroirs, et la stabilité économique et sécuritaire de notre pays.

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

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