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Fespaco: Apolline Traoré combat le danger des «Frontières» en Afrique

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C’est l’aventure de quatre femmes sans crainte, du Sénégal jusqu’au Nigeria : un périple de sept jours pour traverser les frontières de cinq pays africains. Frontières, le récit aussi tragique que comique d’Apolline Traoré, a fait l’ouverture officielle de la compétition des longs métrages de fiction au Fespaco. Au cinéma Burkina de Ouagadougou, la réalisatrice burkinabè a fait rire et pleurer une salle comble avec son nouveau film autour d’un sujet brûlant qui lui tient particulièrement à cœur : la zone de libre circulation de personnes et de biens en Afrique, qui s’est transformée en une zone de corruption et sans droit pour les femmes.

Frontières montre le périple de quatre femmes ayant beaucoup de mal à dépasser les frontières pendant leur voyage sur le continent africain. Dans votre film précédent, Moi Zaphira, vous avez parlé d’une mère courage qui lutte pour le bonheur de sa fille. L’élément-clé, est-ce toujours une femme ?

Apolline Traoré : Non, vous savez, ces frontières-là sont tellement dangereuses, tellement difficiles à traverser, bien que la Cédéao [La Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest, une organisation intergouvernementale ouest-africaine créée en 1975, ndlr] est en train de se battre pour faire une libre circulation de personnes et de biens. Dans la sous-région de la Cédéao, ce sont quinze pays où l’on devrait passer normalement sans problème. Mais ce n’est pas le cas. Si j’ai parlé des femmes, c’est parce que les femmes sont plus vulnérables, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas. Je ne dis pas que les hommes n’ont pas de problèmes, mais ces routes, ces bandits, cette corruption, au niveau de la vulnérabilité, les femmes ont beaucoup plus de problèmes par rapport à cela. C’est pourquoi on voit un coloris de femmes et leur combat sans peur et sans crainte.

À quel moment ce problème de cette zone de libre circulation s’est-il tellement imposé que vous avez décidé d’en faire un film ?

J’ai vu la souffrance de ces femmes. Et personne n’en parle ! Il y a aussi ce problème : beaucoup d’hommes refusent que leurs femmes fassent le commerce. Quelque part, ces hommes pensent qu’elles se donnent, parce qu’elles aussi participent à cette corruption. Ces femmes, au lieu de rester à la maison à ne pas être actives, voilà, elles ont choisi un métier et se battent pour.

Selon vous, quelle est la chose la plus importante qu’on apprend en traversant des frontières ?

La plus importante pour moi, c’est l’unification de notre peuple, des différents pays de la sous-région. On est divisé, en tant que pays, on a différents noms, mais on reste la même chose, avec nos mêmes faiblesses, nos mêmes forces. Aujourd’hui, l’Afrique va grandir. L’Afrique va devenir ce qu’elle est en s’unifiant. Si chaque pays se donne pour grandir, on va y arriver. Quand on parle de frontières, on parle de plusieurs pays. Si nous ne sommes pas unis pour avancer, on n’arrivera pas.

Au Fespaco 2015, les films burkinabè avaient créé la surprise. Depuis, le cinéma burkinabè est-il sur la bonne route ?

Oui. Si on nous donne les moyens, on fera du bon travail. Le problème dans le cinéma reste le problème du financement. Pour réaliser ce film, j’ai eu l’appui de beaucoup de personnes. J’en suis fière au niveau de la qualité. Après, c’est à chacun de décider. Mais tout se termine avec des moyens financiers. Et avec des moyens financiers, notre cinéma va avancer.

RFI

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