Le Sénégal en eaux troubles : Les thiofs sont rares dans les ménages

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Le pain est sec. Les boulangers ne veulent plus le remettre au four. La facture d’électricité est chère. Le prix de l’essence flambe. Le panier de la ménagère est percé. Et le Thiof (mérou,) passe par entre les mailles de son filet pour disparaître dans l’Océan. L’argent ne circule plus. Inquiétant Sénégal où vas-tu ?

Ce n’est pas un poisson d’avril… Le thiof va-t-il disparaître de nos plats ? Et l’industrie de la pêche avec ? Le mérou sénégalais, qui est la base même de notre thiébou diene (plat national), naguère très prisé à l’étranger, s’enfonce de plus en plus dans les eaux introuvables de l’Océan.

Désormais, ce poisson riche et délicieux est classé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) comme une espèce en voie de disparition. Nos confrères de Jeune Afrique, dans leur livraison du 3 février dernier, nous informe de la triste nouvelle qui, en vérité, n’a rien de surprenant pour la ménagère, qui se plaignait depuis quelques années de sa rareté et de sa cherté. L’imputabilité revient aux flottes étrangères. Les Chinois et les Russes sont accusés de piller nos 700 kms de côtes, jadis poissonneuses. Ils avaient bénéficié sans grand contrôle du régime précédent des autorisations à la pelle, croit savoir notre confrère. Pourtant, une étude et un rapport respectivement du Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) et de l’Institut de recherche pour le développement (Ird France) accable la surpêche artisanale. En 30 ans, ils ont noté que le nombre de pirogues et d’équipements modernes (Gps, sondeurs) ont été multipliés par quatre et le prix du fameux mérou aussi. Et les autres espèces suivront également les mêmes eaux territoriales. Paradoxalement, les marins oublient toujours leur postulat d’espoir et d’avenir, qui est d’une simplicité universelle et touchante : « Petit poisson deviendra grand ». C’est d’ailleurs l’enseignement premier de la vie.

Assèchement d’un bassin d’emplois

Le secteur de la pêche est furieusement en crise. La faute à qui ? Aux poissons. Les unes après les autres, les usines de transformation et de congélation jettent les clés dans les eaux profondes. Evidemment, si le poisson manque, les industriels ne peuvent rien vendre. Africamer, le géant des années 2000 avec un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros, 15 000 tonnes de produits de la mer surgelés et exportés et 2 700 employés, est en liquidation totale. Pour ne rien arranger, son emblématique patron Emmanuel Georgio Gabrielli est mort en 2011. Un petit malin pourrait se permettre d’écrire sur sa tombe cette phrase souriante : « j’ai abandonné la pêche le jour où je me suis aperçu que les poissons ne frétillaient pas de joie ». Louis de Funès. La Société nationale des conserveries du Sénégal (Sndcs), qui employait 1500 personnes, a, elle aussi, coulé comme… ce bateau. Et puisque la pêche est une chaîne d’activités, un autre maillon a vu ses activités chuter de 30 % : la Rochette (imprimerie et emballage). Normal : son premier client, la pêcherie. Pour ne pas se laisser noyé dans cette série de mauvaises nouvelles, le géant sud-coréen Dongwon signait-il, y a deux ans, un protocole pour le rachat de la Sndcs. Mais il aurait fallu attendre un an pour sortir la tête de l’eau. Les Coréens débuteront leurs activités en mars (le 25 ?) lorsque Macky Sall le chef de l’Etat-de-rupture bouclera sa première année de président de la République du Sénégal.

Abdoulaye Ndiaye

La pêche en chiffres

Les poissonniers voient l’appât du gain et non l’hameçon.

600 000 emplois directs et indirects

12 000 pirogues

520 000 tonnes en 2011

Pape Diouf ministre de la Pêche

Plus de pirogues en bois dans les eaux !

Le ministre de tutelle Pape Diouf prévoit un plan-cadre d’investissements cumulés de 65 millions d’euros selon notre confrère de Jeune Afrique. Où donc les trouver ? Il compte religieusement sur nos partenaires traditionnels. Le ministre rewmiste est convaincu que la Banque mondiale financera la remise à niveau des quais à destination des flottes étrangères pour 6 milliards de francs cfa. « L’objectif est d’atteindre les standards internationaux et de renégocier les accords de pêche avec l’Union européenne suspendue de 2006″, par le gouvernement Macky Sall à l’époque Premier ministre de Me Abdoulaye Wade. Un autre quai, celui de Saint-louis, sera financé par l’Agence française de développement (Afd). L’appel d’offres a été publié en décembre 2012 dans la presse nationale et internationale. La chaîne de froid ne sera pas oubliée. 34 complexes frigorifiques verront le jour et 115 camions seront distribués. Les pirogues en bois laisseront la place aux pirogues nouvelles en fibre de verre. Elles seront fabriquées à Dakar, dans une usine turque, espagnole et sénégalaise à la fois. « Nous négocions également avec la Bnp pour obtenir 10 milliards de francs cfa afin de commander quatre patrouilleurs pour mieux surveiller nos eaux territoriales ». En dépit de toutes ces mesures hardies et ambitieuses, les femmes sénégalaises et leurs thiofs, c’est comme le poisson et l’hameçon…

A. Ndiaye

Le Pays au Quotidien

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One Response to “Le Sénégal en eaux troubles : Les thiofs sont rares dans les ménages”

  1. David Acker ?? C’était qui lui ?

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